Rouen seul roi à l’Est, Toulouse crée la surprise
Jean-Laurent Saultner - MBA

Que de rebondissements dans cette 10ème journée de championnat. Entre la fin de série pour Rennes à domicile, le dénouement au suspens incroyable entre le RMB et Mulhouse, la défaite de plusieurs grosses cylindrées de la division et le retour aux affaires d’autres, cette reprise a relancé la course folle de la Nationale Masculine 1.

Avant cette journée, penser pouvoir prendre Rennes à domicile pouvait relever du fantasme. Difficile de voir les joueurs de Pascal Thibaud concéder une défaite vu les performances qu’enchaînaient Sébastien Cape et ses coéquipiers depuis l’ouverture de la saison. Mais Toulouse ne s’est pas laissé impressionner par le challenge du jour. Mené dans le premier quart, le groupe toulousain a remis toute de suite les choses d’équerre pour reprendre la tête avant la mi-temps. Hors de ces standards (24 balles perdues), Rennes n’a pas réussi à contenir les assauts de l’une des défenses les plus agressives du championnat. Une aubaine pour Stéphane Dao et son équipe, que les Toros n’ont pas laissé passer. Cédric André (21 points, 6 rebonds) et l’ancien de l’URB 35, Mohammad Diop (19 points, 8 rebonds, 5 passes) mèneront la charge dans le 3ème quart pour créer l’écart face à une équipe bretonne en panne soumis au rythme effréné de Toulouse. Finalement, le run concédé leur sera fatal (74-82), clôturant ainsi leur série de 8 victoires consécutives. Pour le TBC, c’est une victoire qui vaudra sûrement cher quand il sera l’heure de faire les comptes pour l’intégration au Top 5 de la poule A. Non loin de là, la Pouletière a encore confirmé son statut de forteresse. Poitiers n’a rien pu faire pour freiner l’euphorie offensive d’une Aurore de Vitré retrouvée (94-68). Collectivement très solide (27 passes décisives), comme en témoigne la marque avec 6 joueurs à plus de 10 points, la trêve a fait beaucoup de bien aux coéquipiers du feu follet Louis Prolhac (19 points, 5 rebonds, 12 passes), une nouvelle fois indispensable. En Vendée, ça coince pour Tours (81-64) et pour Rueil (92-87). Semblant lancés après leur succès contre Berck et Toulouse, les Knights ont chuté lourdement en deuxième mi-temps face à un Challans très agressif, aussi bien de loin que de près. Pour le RAC, fin tragique contre les Sables d’Olonne après prolongation. Alors que la victoire leur tendait les bras au bout du temps réglementaire, Navid Niktash et Kévin Cham ont offert à leur public un sauvetage express et 5 min de plus. Heureusement pour eux, le club francilien ne tiendra pas la distance au bout du compte (92-87) malgré une sortie record de Steven Ricard (27 points). Il y aura eu autant de suspens dans le sud de la France entre Tarbes-Lourdes et Chartres. Au coude à coude jusqu’au dernier quart, ce sont finalement les hommes de Moattasim Rhennam qui appuieront sur l’accélérateur pour prendre 10 points d’avance (75-85). Nouvelle désillusion pour l’UTLPB qui laisse filer une victoire devant son public qui aurait pu faire grand bien au moral des troupes. Pour finir à l’Ouest, Lorient confirme sa bonne forme d’avant la trêve, enchaînant ainsi son troisième succès de rang (77-61) face à Berck qui a complétement explosé avant la mi-temps (28-10 dans le 2ème quart) alors que Loon Plage continue son petit bout de chemin en s’offrant le Pôle France à domicile (71-57).

De l’autre côté de l’Hexagone, Pont de Chéruy enchaîne avec la manière. Bien lancés depuis le début de la saison, les amenant à titiller le Top 5 depuis quelques journées, les hommes de Dounia Issa continuent leur ascension. Portés par un Lucas Thévenard incisif (21 points en 21 minutes) et l’implication de tout l’effectif au scoring, le SOPCC n’a fait qu’une bouchée d’un BC Orchies diminué et dépassé (94-73). Non loin de là, Andrézieux-Bouthéon monte enfin sur la deuxième place du podium à l’Est. Bloqué par la lutte entre Mulhouse et Rouen, l’issue de la rencontre entre les deux leaders et surtout le gros succès face au Havre (88-73) ouvre enfin les portes de la 2ème place au club de la Loire. Toujours limité au niveau effectif, Laurent Pluvy a pu compter sur la sensation Elwin Ndjock (29 points) et le tandem Diarra – Diop sous les paniers pour faire tomber le STB. Toujours dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, LyonSO sort Cergy-Pontoise (80-60) aisément. Dans un festival offensif mené par l’aérien Sya Plaucoste (22 points), qui n’a pas fini de faire réagir la toile par ses dunks en haute altitude, les lyonnais se rapprochent doucement d'un bilan à l'équilibre. Même dénouement à Feurs, qui prend un bon bol d’air frais contre le KABCA (89-74) après avoir échoué à Pont de Chéruy et contre Rouen. Pour Boulogne-sur-Mer, c’est aussi une victoire qui fait du bien. Toujours bloqué dans le fond du classement alors que le club jouait les play-offs la saison passée, ce succès contre Hyères-Toulon est bien venu pour relancer les nordistes (83-59), eux qui avaient mis dans le doute Rouen et Andrézieux-Bouthéon plus tôt dans la saison. Pour terminer, Caen a enfin trouvé son rythme de croisière et il faudra faire attention aux normands. Pour la cinquième fois consécutive, le CBC s’impose, cette fois-ci à Besançon (81-90). Alors que le début du match laissé entendre une prestation XXL du BeSAC (35-27, 10’), Caen a laissé parler son expérience pour rester au contact tout au long du match. L’issue aurait pu être différente pour les joueurs de Stéphan Eberlin mais Yanik Blanc était là. Plantant à 11 secondes du dénouement un tir pour offrir aux siens une prolongation, qu’ils remporteront sans contestation possible (13-2).

Le match à suivre par Pro-Am Media : Mulhouse Basket Agglomération – Rouen Métropole Basket (75-77)

Nous étions persuadés que la victoire de l’une de ses deux formations nous donnerait des pistes quant à savoir qui est le/la meilleur(e) coach de la division. Il n’en fut rien. En plus d’avoir tenu toutes ses promesses (comme la majorité des chocs depuis le début de la saison), ce match a démontré une fois de plus une résilience et une générosité dans l’effort au sein des équipes de haut de tableau.

D’un côté, le rouleau compresseur de Rouen, fidèle à lui-même, avait déjà pris une avance considérable à la mi-temps. C’est certainement cette confiance en leur fond de jeu qui a permis à Karim Gourari d’assumer son rôle de capitaine et de leader en toute fin de match.

De l’autre côté, un ajustement tactique allié à un sursaut d’orgueil des joueurs de Mulhouse au retour des vestiaires nous a concocté une fin de match que je conseille, à tout(es) les amoureu(ses)x de la balle orange, d’aller visionner sur la page Facebook du MBA. Le résultat est connu, mais la question demeure : qui est le/la meilleur(e) tacticien(ne) du championnat ?

 Hervé TEMGOUA pour Pro-Am Media